Quelques dates sur l’histoire de l’hypnose
On trouve les premières traces écrites de soin par la parole datant d’il y a plus de 6000 ans ! En Mésopotamie, où les sumériens pratiquaient déjà l’accompagnement par la parole. Un manuscrit cunéiforme décrit des guérisons obtenues grâce aux états modifiés de conscience. Les trois états de transe hypnotiques (re) découverts au 19ème siècle par Charcot y sont déjà mentionnés.
Il y a 3 000 ans, en Egypte sous Ramsès II, 20ème dynastie nous avons la description d’une séance d’hypnose sur stèle découverte par Musès en 1972.
Il semblerait que certains bas-reliefs égyptiens décrivent des « passes » réalisées par un « magnétiseur ». L’énergie serait imagée par des croix ansées partant en direction du patient. Un papyrus trouvé par Georg Ebers contient la phrase « Pose ta main sur la douleur et dis que la douleur s’en aille ». D’autres papyrus (-3000) montrent des miroirs utilisés par des médecins probablement comme inducteur hypnotique pour réaliser des anesthésies ou analgésies1.
Socrate, il y a 2 450 ans, explique que parler aux gens d’une voix terne, les met en état de réceptivité, d’ouverture d’esprit. C’est le « terpnos logos ». Socrate se décrit comme un « accoucheur d’âmes ». Comme l’un de ses contemporains, Antiphon d’Athènes, dont la facade de sa maison annonce qu’il a le pouvoir de « guérir avec les mots ».
Nous savons aujourd’hui que les druides, prêtres et chamans ont des coutumes de soins et des rituels qui incorporent certains éléments de notre hypnose thérapeutique moderne.
Au IIIème siècle en Egypte un manuscrit (traduit et publié par Emil Brugsch en 1893 relate l’existence de « temples du sommeil » où les gens sont mystérieusement soignés …. Les prêtres de ces temples parlaient à l’oreille de leurs patients assoupis, leur offrant de « douces paroles guérissantes ».
En 1529, Paracelse, médecin et alchimiste suisse livre les premières données scientifiques sur le magnétisme anima, comme le nommera Mesmer plus tard.
Il est généralement admis que l’histoire de l’hypnose commence au XVIIIème siècle avec le médecin Franz Anton Mesmer et le magnétisme animal utilisé à partir de 1773.
L’hypnose ericksonienne a pour but d’amener conscient et inconscient à travailler ensemble pour déclencher les changements utiles à la résolution du problème et vient de Milton Hyland Erickson, célebre psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l’hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l’hypnose thérapeutique.
Qui est Milton Erickson, l’inventeur de l’hypnose Ericksonienne

Milton Erickson naît le 5 décembre 1901. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Il est aussi atteint de dyslexie sévère. En 1919, à l’âge de 17 ans, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu’il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu’il appelle une expérience d’autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l’arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ses efforts pour se rééduquer l’amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l’hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : « Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C’est ainsi que j’ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation ». Il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d’entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s’inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l’université du Wisconsin.
Le thérapeute opère comme un guide du patient. Il le conduit à trouver en lui des ressources insoupçonnées.
“Vous savez beaucoup plus de choses que vous savez que vous savez“. Milton Erickson
L’hypnose ericksonienne se distingue par son approche unique
Contrairement aux formes plus traditionnelles d’hypnose, qui peuvent impliquer des directives plus directes et une induction plus rapide, l’hypnose ericksonienne repose sur une approche plus souple et indirecte. Cette méthode s’adapte davantage à la personnalité et aux besoins individuels du sujet.
L’une des principales différences réside dans le langage utilisé. Alors que d’autres formes d’hypnose peuvent employer un langage plus autoritaire et directif, l’hypnose ericksonienne préfère un langage plus souple, métaphorique et non contraignant. Au lieu de donner des instructions précises, le praticien utilise des suggestions vagues qui permettent au subconscient du sujet de trouver ses propres solutions.
De plus, l’hypnose ericksonienne met l’accent sur l’utilisation des ressources internes du sujet pour atteindre ses objectifs. Plutôt que de chercher à imposer des changements externes, elle encourage le sujet à explorer ses propres capacités et à trouver des solutions à ses défis personnels. Cette approche centrée sur la personne favorise l’autonomie et le développement personnel.
En résumé, l’hypnose ericksonienne se distingue par son approche indirecte, son langage métaphorique et sa mise en lumière sur les ressources internes du sujet. Elle offre une méthode douce et respectueuse pour explorer les profondeurs de l’esprit et effectuer des changements positifs de manière durable.
Johanna Vlastos


